Le nageur d’Auschwitz

de Renaud Leblond

(mai 2022 aux éditions L’Archipel – janvier 2024 aux éditions J’AI LU – 256 pages)

Agé de treize ans en 1928,  le jeune Alfred Nakache a peur de l’eau. Et tous les samedis, c’est la même chose lors des réunions de famille à la piscine Sidi M’Cid de Constantine, son cousin se moque de lui.

En 1944, à Auschwitz, les nazis s’amusent beaucoup, en faisant nager le recordman du monde du 200 mètres, dans une eau froide, stagnante et dégoûtante.

L’envers de la médaille a un goût de défaite pour tous ces incroyables sportifs qui, cependant, se battront jusqu’au bout au péril de leur vie.

Éditeur et écrivain, Renaud Leblond est l’auteur du Pouvoir des sectes (Chêne, 2009) et du Journal de Jules Rimet (First Éditions, 2014). Couronné par le prix Antoine Blondin en 2023, Le Nageur d’Auschwitz est son premier roman. (Source J’ai lu – photo BestImage, Jack Tribeca)

Dans Le nageur d’Auschwitz, Renaud Leblond nous raconte l’histoire d’Alfred Nakache, recordman du monde du 200 mètres brasse. Aussi rapide que ce dernier dans l’eau, l’auteur nous entraîne d’une écriture vive et terriblement réaliste, dans ce récit en deux temps, sur un chemin menant tout droit vers l’horreur.

L’auteur nous parle de ces fameux Jeux Olympiques de 1936, organisés par Berlin, où l’étalage du pouvoir vise avant tout à démontrer au monde entier la soi-disant suprématie allemande.

Nous découvrons la vie du sportif depuis son enfance, puis en parallèle, sa déportation et sa détention dans le camp de concentration d’Auschwitz. Il se liera d’amitié, entre autres, avec Victor Perez, le plus jeune champion du monde de boxe poids mouches.

Dans ce camp de la mort, ils vivront tous une nuit de Noël épouvantable. Les descriptions sont effroyables : il s’agit de bébés…

C’est certain, l’enfer est bien sur terre. A Auschwitz, comme dans les autres lieux d’extermination allemands, le nazisme est bel et bien synonyme de pourriture.

Ce n’est pas uniquement dans les bassins qu’Alfred montrera son courage. Nager est sensé procurer une sensation de liberté ; cette dernière coulera jusqu’au bout dans les veines du champion.

Le nageur d’Auschwitz nous rappelle que le mot Honte s’écrit avec un grand H, comme Humanité.

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